Atoocycles, l'univers du cycle


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Récit d'un utilisateur

 

Pourquoi le vélo couché ?

Et plus précisément pourquoi le tricycle couché ?


Tout d'abord un petit retour en arrière. Il y a 3 ans, je n'étais pas du tout cycliste. J'avais bien eu un VTT, l'un des tout premier en France, mais c'était plus un moyen de me balader dans la nature qu'un moyen de transport. J'avais bien eu des velléités de l'utiliser pour aller travailler, mais à chaque fois ça n'avait pas fait long feu. Les intempéries, la mauvaise saison, avaient raison de mes bonnes résolutions.
Il y a environ trois ans de cela est apparu la conjonction de plusieurs motivations pour reprendre un moyen de locomotion plus doux ;
- les préoccupations écologiques, avoir un bilan carbone moins lourd,
- agir pour l'écologie, je ne suis pas un militant. Aussi je me suis dit que la meilleure des actions était de faire un petit quelque chose moi même.
- la préoccupation purement économique : j'avais de plus en plus de mal à boucler les fins de mois, et supprimer le poste carburant était bien tentant.
- la santé : j'avais pris énormément de poids, je frisais les 105 kg et j'avais de + en + de peine à me mouvoir : il fallait faire quelque chose !!
- l'arrivée de nouveau vélos à assistance électrique.
C'est bizarrement lors de la visite du salon de l'auto à Lyon que j'ai essayé pour la première fois un vélo électrique. Il y avait là plusieurs modèles, certains se comportant un peu comme des « Mobylettes ». On semble tourner les pédales sans être assisté, puis on se sent propulsé par le moteur sans qu'il semble y avoir de lien entre l'action sur le pédalier et le moteur. Il y avait également un vélo Giant à l'assistance si douce et si immédiate, que j'ai à un moment coupé le contact pour vérifier qu'elle fonctionnait bien. C'est cela qui m'a séduit ; un système qui assiste si bien qu'on en oublie qu'on est assité.
Après un essai un peu plus long par le biais de la location, je me suis porté acquéreur d'un vélo assisté Giant équipé d'un batterie Lithium -ion sans effet mémoire.
Je dois dire que j'ai été enchanté, et que chaque jour d'utilisation est un pur plaisir.
En fait le vélo assisté a réussi là ou le VTT avait échoué. C'est à dire durer au delà de la belle saison, et surtout me servir pour l'ensemble de mes déplacements.
L'assistance enlève le côté rébarbatif du vélo, le jour ou vous n'avez pas la forme, le jour ou vous êtes à la bourre, dans ces cas là un cran d'assistance en plus et hop ça passe.
La première année, j'ai fait quasi 100% de mes déplacements en vélo dans un rayon de 25 à 30 km de mon domicile, que ce soit pour aller faire mes courses, aller au travail, voir les amis, la famille etc.. par contre je suis parti en vacances en scooter.
Le vélo était donc pour moi au début purement utilitaire, et il m'a fallut une année pratiquement pour que j'aille faire une balade qui n'avait d'autre but que la balade.
Je me rendais bien compte que je trouvais des prétextes pour faire du vélo un peu plus souvent, un peu plus loin : aller chercher mon pain à 10km alors qu'ils en vendent a 100 m de chez moi, aller chercher mes croissants le dimanche matin dans la commune voisine..
Au bout d'un an, j'ai donc commencé à aller me promener, et mes promenades se sont faites de plus en plus longues. Je me suis aperçu que parfois à la fin de la journée, j'arrivais à un total de 80 /90 km certes assisté, mais je ne m'étais jamais senti aussi en forme, et l'idée de partir en vacances en vélo commençait à germer. Je me suis baladé sur le net, et je commençais à lorgner sur les cycles vagabondes, ou du côté de chez Simpel. Mais ça ne s'est pas fini comme ça . Un jour alors que je rentrais d'une balade dans les Dombes de 60 km, je ne sentais plus mon postérieur, J'avais un « mal au cul » intolérable. J'ai été sur le net et j'ai demandé à mon ami Google si le mal aux fesses en vélo était inéluctable.
Et là ! Révélation : au bout de quelques liens, quelqu'un disait mais pourquoi n'essayez vous pas le vélo couché, très rapidement je suis tombé sur une photo d'un scorpion de chez HP Vélotechnik dans sa livrée orange, et fort de ses 81 vitesses ! Rien que ça !!
J'étais sous le charme ! L'objet me semblait magnifique, et je m'imaginais déjà sillonnant la campagne avec mes sacoches.
A la même époque, j'ai découvert le forum du vélo horizontal que j'ai dévoré afin de tout savoir sur ces étranges montures.
Le tricycle couché semblait fait pour moi, il gommait d'un coup de baguette magique tout ce qui semblait être un frein pour partir en vacances en vélo.
En premier lieu bien sur le confort, et en second je mettrai la capacité à avaler les côtes sans tuer son pilote.
Le terrain était déjà pas mal débroussaillé, je savais que ce serait un vélo couché, qu'il aurait trois roues, je le voulais pliable(dans la pratique je ne l'ai jamais plié, car pliage pas au top), polyvalent, et suffisamment étroit pour pouvoir passer une porte, et ainsi accéder occasionnellement au vélotaf. Le ICE QNT correspondait parfaitement à ce cahier des charges, même si en ce qui concerne la pliabilité je n'étais pas satisfait à l'usage. Quand je vois que le dernier HP vélotechnik se plie en 7 sec.. mais revenons à nos moutons. J'avais défini l'engin, il ne me restait plus qu'a.... économiser. Vu la faiblesse de mes moyens financiers il me faudrait bien trois ans pour enfin partir en vacances en vélo.
Et puis.... et puis Michael Jackson est mort. Aucun rapport me direz-vous, oui aucun sauf qu'il avait cinquante ans comme moi, et que si j'avais la mauvaise idée de suivre son exemple je ne partirai jamais en vacances en vélo. Exit les bons principes « non je ne ferai plus de crédit »
Un coup de fil chez un revendeur à Lyon pour valider ce que mes heures de lectures sur le net m'avait fait miroiter, et commande dans la foulée.

Le 23 Juillet, le revendeur me livrait mon tricycle dans sa belle livrée noire délicieusement rétro. De retour chez moi je n'ai eu que le temps d'un bref essai d'une dizaine de minutes avant de me précipiter dans une frénétique préparation des sacoches, et une non moins frénétique, chasse au kilos.
Je faisais 105 kilos, le vélo en admettait 125. Mon matos d'alors recyclés de mes voyages en moto ou en voiture n'était pas orienté vers un réelle chasse au gramme. Chaque passage sur la balance chargé de mes sacoches me disait TROP LOURD !!!!
Bref le lendemain, le 24 juillet je partais bardé de mes sacoches pour mes premières vacances en vélo direction la Bretagne.
Ce qui me permettais de répondre plus tard sur mon parcours au gens qui me posaient la question : vous vous êtes entraîné longtemps ? de répondre détaché : bha, en gros dix minutes !
Je n'avais aucune expérience pratique du voyage en vélo, et encore moins en tricycles, mais tout s'est très bien passé.
Le premier jour donc départ : je prends bien soin de ne pas trop forcer, de ne pas me mettre dans le rouge, il faut que j'aille au bout, et je sais la machine humaine fragile. La montée de Mâcon à Charnay pour rejoindre le début de la voie verte restera gravée dans ma mémoire. C'est la première côte qui soit relativement longue, la première en tricycle couché la première chargé comme une mule, la première en tout ! Merci les rapports courts installés d'origine ! Je pédale gentiment, je n'ai pas de compteur mais ça ne doit pas aller très vite. A un moment j’entends derrière moi un « tap, tap' régulier le bruit se fait plus fort et me dépasse. Il s'agit d'une jeune fille tout de rose vêtue qui rentre sans doute chez elle sa baguette sous le bras, et c'est le bruit de ses tongues (claquettes), tout aussi roses qui produisait ce « tap tap » elle me double, et me distance et pourtant elle n'a pas l'air de se presser !! Je commence à me dire que la Bretagne c'est pas gagné !!!
Les trois premiers jours, j'étais vidé quand j'arrivais le soir à l'étape , et le matin je n'avais qu'une envie : repartir !! Je suis ainsi arrivé à Pornic en ayant vécu une très belle expérience, fait des rencontres très sympas comme celles de Fabio que je rencontre sur le canal du Nivernais sur son Challenge alizé, ou celle de Laurent Alain de Pontarlier accompagné de sa femme et de sa fille sur un Trice quasi identique au mien que je croise du côté d'orléans une première fois puis du côté de Bourbon Lancy lors du retour. Rencontre aussi de Abdel et de sa compagne de Besançon me semble t-il qui rouleront quelques kilomètres avec moi.
Je suis donc allé au bout, et dès l'automne je repartais pour l’Alsace, l'année suivante pour l'Auvergne, et cette année pour la Hollande.

Alors finalement pourquoi couché et pourquoi le tricycle ?

Tout simplement en premier lieu pour rendre la chose possible.
Avec 105 kilos plus les bagages, plus le poids du vélo plus ma condition physique, sur un vélo droit je n'aurai pas fait la première étape, et sur un deux roues couché je n'aurai pas fait la première côte.
Le tricycle ça permet ça : en premier lieu rendre la chose possible. On monte lentement, certes, mais on monte, et sans se mettre dans le rouge.
En second lieu le confort tout simplement royal : Je ne suis pas un athlète donc pour rouler loin je dois rouler longtemps : Je pars généralement tôt le matin pour m'arrêter en fin de journée. Mais le soir pour manger je suis le plus souvent assis dans mon tricycle, et le soir pour lire idem. Il m'est même arrivé d'y faire la sieste !
Enfin le tricycle est un engin qui donne la banane à tout le monde. Les gens vous sourient, vous font des petits signes de la main tout au long du parcours, vous font des appels de phares, voire ça m'est arrivé plusieurs fois vous applaudissent. Le tricycle couché vous donne l'impression que l'humanité vous aime !! je sais bien que c'est un leurre !! mais sur une journée la vache ça fait du bien !!

Ce que je reproche au tricycle couché ?

Pas grand chose, la position basse si ludique en descente peut gâcher la vue dans certaine conditions, comme dans les gorges de la Sioule ou je n'ai vu que le petit muret qui longeait la route.

Il est moins maniable en ville qu'un vélo droit, aussi pour la plupart de mes trajets en ville je continue de lui préférer mon vélo droit.
Pour le reste rien que du bonheur !

La question récurrente n'est le plus souvent pas formulé comme une question mais comme une affirmation déclinée sur un mode interrogatif.
Ça donne ça : Ça doit être dangereux ? Pour avoir fait plus de 10000 km en vélo droit et bientôt autant en vélo couché, je peux apporter un début de réponse.
Tout d'abord un constat : chaque fois que quelqu'un m'a frôlé à moins de vingt centimètres, c'était en vélo droit. Chaque fois qu'on m'a dit on ne vous voit pas c'était en vélo couché.
Le vélo droit est habituel, on en a quasi tout fait, on en a tots vu. C'est un engin qui n'alerte pas l'automobiliste, je pense que parfois il ne nous voit pas du tout on fait partie du paysage au même titre qu'une haie, un poteau, etc
Le vélo droit est haut, et de ce fait parait étroit : cela induit une première réaction chez l'automobiliste qui se dit ça passe. (s'il l'a vu bien sur, sinon il ne se dit rien et passe...)
Le vélo couché induit lui autre chose : comme il est rare, on le remarque. La position couchée doit être ressentie comme vulnérable, et de ce fait l'engin comme dangereux.
Dans la pratique, le rétroviseur permet de voir venir les voitures de loin. A l'oreille on se rend compte au régime du moteur, que dès que vous êtes dans le champs de vision de l'automobiliste il lève le pieds.
Les voitures qui vous rattrapent laissent toutes le mètre de rigueur entre vous et elles.
Les automobilistes restent parfois longtemps derrières vous avant de vous doubler sans danger .
Ils vous laissent fréquemment passer au carrefour, sur un passage piéton. (je ne crois pas que ça me soit arrivé en vélo droit)
Et comme je le disait plus haut c'est un engin qui attire la sympathie, donc la grande majorité sont bienveillant envers vous. Bien sur ceci ne durera que tant que c'est un engin rare que l'on voit peut. Finalement je devrai peut être pas trop en faire la promo !!

Michel Cart Bourg en Bresse

 
atoocycles
Laurent-Alain TAINE
Professionnel passionnément passionné
Atoocycles - 31 route de Bugny - 25650 La Chaux
tél : 06 19 95 32 21 - atoocycles@orange.fr
Envie d'un vélo couché ?

mise à jour le 3/09/2016


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